L’avenir, c’est l’industrie ?

Par , le 15/03/2016Imprimer cet article

IndustrieLa Semaine de l’Industrie se tient jusqu’au 20 mars dans toute la France. Un évènement d’autant plus important qu’une prise de conscience semble (enfin) se dessiner : l’économie française a besoin de l’industrie manufacturière pour repartir. Mais l’industrie d’aujourd’hui est différente de l’industrie d’hier. On parle même déjà d’industrie du futur. Explications.

En 15 ans, 900 000 emplois industriels ont été détruits en France. Si cela ne signifie pas que ces emplois ont été littéralement « perdus », cela implique en tout cas une modification, une évolution de la classification des emplois. Ainsi, de nombreux emplois autrefois dits « industriels » sont aujourd’hui des emplois qui relèvent des « services industrialisés ». Reste que les chiffres et les concepts de délocalisation et de robotisation de l’industrie peuvent alarmer et que les pays européens semblent jusqu’ici observer les dégradations sans trop d’inquiétude.

L’idée est erronée. En amont de la Semaine de l’Industrie, le concept récent d’Industrie du Futur s’est peu à peu imposé. En quoi consiste-t-il ? Selon L’Usine Nouvelle, il s’agit d’une « réflexion destinée à conserver et développer en France, et donc en Europe, une activé industrielle forte, innovante, exportatrice, génératrice de richesse et créatrice d’emplois ».

L’Industrie du Futur répondrait à plusieurs problématiques en matière de transitions (énergétique, écologique, numérique, organisationnelle et sociétale), qui impliquent entre autres l’utilisation de nouvelles technologies et donc le besoin de nouvelles compétences, la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement et une restructuration de l’emploi industriel.

L’Industrie du Futur, c’est une industrie faite de nouveaux métiers : technicien robotique, ingénieur R&D, ingénieur virtualisation, responsable Gestion Prévisionnelle des Compétences (GPEC), etc. « Les métiers touchant à l’informatique ou électronique embarquée, présente historiquement dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile et qui se développe aujourd’hui à travers les objets connectés à destination du grand public, sont également concernés. Les profils recherchés aujourd’hui dans l’industrie sont des profils à forte technicité, des profils de pointe, souvent hautement spécialisés », souligne Julien Weyrich, Directeur Senior de la Division Ingénieurs et Techniciens chez Page Personnel.

La formation jouera donc un rôle crucial dans le développement et le bon fonctionnement de cette industrie nouvelle. « Dans un système de production fondé sur des technologies avancées, les ressources humaines doivent former en permanence pour que les compétences puissent s’adapter rapidement aux évolutions techniques », comme l’indique L’Usine Nouvelle. Des besoins spécifiques en matière de formation qui nous renvoient notamment à l’apprentissage et aux structures existantes pour former les profils d’ingénieurs et techniciens.

L’apprentissage, parlons-en. Là aussi, une prise de conscience semble avoir lieu. A l’heure où tant de jeunes restent « sur le carreau » faute de formation adéquate, on reparle de programmes d’apprentissage internes aux entreprises (lire aussi notre article sur les politiques d’apprentissage chez Safran) qui formeront les ressources nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise, en réponse à des besoins spécifiques.

Pour que le concept d’Industrie du Futur prenne corps, tout un modèle est à repenser. Comment attirer les jeunes, les ingénieurs et techniciens, vers des métiers qui souffrent encore fortement de leur image (pénibilité, faible valorisation, …) ? En parlant de, mais aussi en construisant l’Industrie du Futur. Une industrie dont l’image sera rendue plus attractive et qui aura pu replacer le capital humain au centre de ses préoccupations : conditions de travail améliorées, formation et développement des compétences, haute technicité, postes à forte valeur ajoutée, fierté d’intégrer des fleurons de l’économie française.




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