Logistique : tendances et perspectives d’emploi

Par , le 13/04/2017Imprimer cet article

captureA l’occasion de la semaine de la logistique, Laurine Martineau, Manager Executif au sein de la division Achats & Logistique chez Page Personnel vous apporte son expertise.

  • Logistique & transport : un marché de l’emploi dynamique

Porté par le développement du e-commerce et la demande croissante de livraisons rapides, le secteur de la logistique et du transport se porte bien et cette dynamique se ressent sur le marché de l’emploi. Selon les derniers chiffres Pôle Emploi, en 2016 en France, les métiers du transport et de la logistique représentaient 1,9 millions d’emplois. Le nombre de techniciens et de cadres devrait continuer de croitre (+ 1.8% et 1.2%/an) pour une création d’environ 540 000 postes à horizon 2022.

  • La digitalisation : un changement lent mais nécessaire

La digitalisation de la Supply Chain est en marche au sein des entreprises. Elle favorise l’automatisation, la connexion et la collaboration sur l’ensemble de la chaine dans un objectif d’optimisation du service et de réduction des coûts de transport et de stockage.

Avec la digitalisation des points de vente et l’expansion du e-commerce, des changements profonds et durables s’opèrent pour rendre le parcours client plus fluide et plus fiable entre le domicile, la mobilité en ville et le point de vente. Pour cela, des systèmes de tracking logistique ont vu le jour. Ils offrent au consommateur la possibilité de suivre le parcours d’un colis quasiment en temps réel à partir de la saisie du numéro d’expédition sur une interface spécifique.

La transformation numérique de la Supply Chain profite à la fonction Achats ; elle permet d’améliorer l’efficacité des équipes et la détection des sources d’économies. Elle donne également naissance à de nombreux métiers et notamment au poste de Gestionnaire Master Data. Son rôle est de maîtriser des données articles et clients dans un objectif de contrôle, de cohérence et de cleaning. Cette fonction implique d’être force de proposition afin d’optimiser les outils et les processus.

  • La logistique du dernier kilomètre, ou du dernier mètre

Les entreprises sortent de la logistique du dernier km pour passer à celle du dernier mètre : une suite logique de la 4ème révolution industrielle avec le « sur mesure » et le « Just in time ». Le transporteur prend une nouvelle dimension dans la chaine de valeur, il devient partenaire et se rapproche au plus près des attentes du client.

La logistique urbaine s’impose alors comme le nouvel épicentre du secteur. Les plans de transport deviennent flexibles et évoluent en temps réel. Le travail se densifie pour aller au plus proche du client ; on observe l’avènement des transports autonomes, une évolution des fonctions et une diversification des points de livraisons (ex : bureaux/points relais/boxes). Mixer les modes de transports est également nécessaire pour viser cette performance (vélo, transports en commun, nouvelle génération de véhicules propres travaillent par exemple à leur complémentarité avec le fret ferroviaire et fluvial).

Cette nouvelle logistique voit naitre des centres de stockage de plus en plus proches des villes et crée de nombreux emplois, du conducteur de voiture propre au Gestionnaire de stock ultra polyvalent. Afin de définir des stratégies de plus en plus complexes, les Gestionnaires et Responsables transport se transforment en maîtres d’œuvre.

  • Ubérisation du transport de marchandises

Ces deux tendances de fond mènent inévitablement à l’ubérisation du transport de marchandises. En d’autres termes, la mise en relation du transporteur et de l’expéditeur via une interface web sans autre intermédiaire. Imaginez, via une application la solution géolocalise en temps réel des camions disponibles (par exemple un camion qui vient de déposer son chargement et qui devrait repartir à vide) et propose aux entreprises de les charger pour expédier leurs marchandises. Cette évolution de la chaine de valeur à un double objectif : répondre à des enjeux écologiques (respect de l’environnement) et économiques (optimisation des coûts).

Ce type de démarche existe déjà de façon courante pour les livraisons au dernier kilomètre. On peut d’ailleurs imaginer que ce type de service pourra très prochainement être pris en charge par les chauffeurs VTC entre deux courses.

  • Les impacts sur les métiers de la Supply Chain

Ces évolutions du marché ne sont pas sans impact sur les métiers de la Logistique et du transport qui poursuivent leur montée en puissance et occupent aujourd’hui une position centrale dans les entreprises. Il est maintenant fréquent que les Directeurs Supply Chain siègent dans les comités de direction où leur capacité à établir des stratégies et à gérer les contraintes internes et externes est valorisée.

Avec l’émergence des nouvelles technologies, de nombreux métiers très opérationnels sont touchés par la robotisation. Les entrepôts par exemple se digitalisent de plus en plus (scan, plateforme, drone) et on observe une diminution du besoin sur certains métiers « terrains » comme les postes de caristes. A l’inverse, les postes de management type Chef d’équipe et Responsable d’exploitation sont de plus en plus demandés. Porté par ce contexte favorable, toujours plus orienté vers l’optimisation et l’innovation, de nouvelles compétences sont attendues ; la transversalité, la capacité à évoluer dans un milieu international et multiculturel, la mobilité ou encore la capacité à fédérer des équipes virtuelles sont les clefs du succès. On observe aussi à tous les niveaux de la Supply Chain un phénomène d’hybridation des métiers : les profils recherchés ont aujourd’hui une double compétence, par exemple le transporteur doit aussi avoir des compétences en relation client.

La Supply Chain du futur tend à devenir collaborative, en intégrant les clients mais aussi les fournisseurs pour un duo efficacité et efficience optimisé.

 




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