Une carrière conjuguant avec bonheur intérim et CDI

Par , le 12/09/2011Imprimer cet article

Depuis 20 ans, Mme B. assiste des présidents et des directeurs généraux de grandes sociétés ou d’institutions. Loin de vivre l’intérim comme un « pis-aller », elle considère au contraire que c’est un levier, une clé pour accéder à des postes intéressants mais « cachés »… Interview

Avez-vous choisi l’intérim délibérément ?

Initialement, non. J’y suis venue à la suite de mon premier licenciement. J’avais une trentaine d’années et j’ai réalisé que l’on ne m’attendait pas sur le marché du travail… J’ai vu l’intérim comme un des moyens de retrouver du travail, et cela a marché : j’ai pris un poste d’intérim en assistanat de président pour quelques semaines et cela m’a remis le pied à l’étrier. Lorsque vous êtes en intérim, du moins dans les fonctions que j’occupe, vous rencontrez beaucoup de gens qui vous ouvrent des voies ou des postes, que ce soit dans l’entreprise ou à l’extérieur. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises, avec de beaux postes à la clé et je pense que c’est un des avantages de l’intérim.

Quand on vous a proposé un CDI à l’issue d’une mission, avez-vous accepté ?

Oui, mais pas toujours. Il y a des patrons formidables avec qui j’ai eu envie de continuer à travailler. Il m’est aussi arrivé de refuser, sans avoir à m’en expliquer. Pouvoir dire non, c’est un autre avantage de l’intérim. Ceci dit, c’est aussi une question de situation personnelle : tout le monde n’est pas en position de dire non. Pour moi, aujourd’hui, la question de l’âge intervient : à 56 ans, je sais qu’il me sera plus difficile qu’avant de trouver des missions d’intérim correspondant à mon profil. Cela modifie nécessairement la manière dont j’examine les propositions de CDI. Mais si je n’avais pas l’âge que j’ai, je continuerais l’intérim : c’est stimulant, ça vous oblige à rester au top et, si vous êtes compétente, vous avez des retours positifs très rapidement.

L’âge est un problème ?

Dans l’assistanat de dirigeants, l’âge est un atout pour beaucoup d’employeurs parce que c’est un gage d’expérience : cela signifie que vous avez fait vos preuves, que vous allez prendre vos marques rapidement et que vous n’allez pas vous noyer dans un verre d’eau. De plus, vous êtes plus disponible parce que vous n’avez pas de jeunes enfants… Mais il est clair que certains dirigeants préfèrent avoir une assistante jeune, même pour un remplacement. Inutile de se voiler la face, la discrimination par l’âge est une réalité du marché. Savoir si mon âge est rédhibitoire pour l’employeur fait aussi partie du travail de la société de travail temporaire.

Quelles sont vos relations avec ces sociétés ?

Je ne travaille qu’avec Page Personnel que je connais depuis plus de dix ans et qui me connaît bien. De ce fait, mes interlocuteurs chez Page Personnel me proposent uniquement des missions « dans mes cordes », c’est-à-dire en phase avec mes compétences et mes attentes en matière de rémunération. Ils savent notamment que, l’expérience aidant, je peux prendre des missions « difficiles ». C’est vraiment une relation de confiance et, de plus, une relation suivie. Les gens de Page Personnel pensent « carrière » et non « placement », ce qui est atypique dans le milieu de l’intérim. Pour autant, je ne néglige aucune piste quand je suis en recherche. Je réponds aux annonces d’autres sociétés d’intérim mais, en assistanat, la plupart des missions s’adressent à des personnes moins expérimentées que moi… Par ailleurs, les mots clés de mon CV me valent d’être contactée par ces sociétés mais il n’y a pas de suites. C’est encore une question d’âge, évidemment, et aussi de salaire.

Quand vous prenez une mission, vous dit-on s’il y a un CDI à la clé ?

Oui, certaines missions sont explicitement des pré-embauches. Cela peut aussi évoluer en cours de mission. En fait, c’est souvent « intérim et plus si affinités ». Par exemple, je suis restée trois ans dans une entreprise où j’avais accepté une mission de quelques jours pour dépanner Page Personnel. De même, on ne sait jamais vraiment combien de temps va durer une mission. Vous venez pour un remplacement, l’assistante qui occupe le poste diffère son retour ou ne revient pas et on vous propose finalement de rester. Si vous acceptez, c’est en connaissance de cause : contrairement à une embauche directe en CDI, vous connaissez l’entreprise et le job de l’intérieur et, surtout, vous savez à qui vous avez affaire… On ne s’entend pas avec tous les patrons… Dans ce cas, rompre un CDI est toujours plus difficile que de décliner un CDI ou un renouvellement à l’issue d’une première mission.




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