#i4emploi : quand les Twittos s’engagent pour l’emploi

Par , le 04/02/2016Imprimer cet article

i4emploiÉchange aujourd’hui avec Alban Jarry, financier & assureur spécialiste des stratégies numériques et de marques. Il est à l’origine de l’initiative #i4emploi et du collectif du même nom qui compte aujourd’hui plusieurs centaines de membres actifs sur Twitter. En quoi consiste ce mouvement ? Quelles en sont les principales réussites ? A quelle(s) évolution(s) s’attendre ?

En septembre 2015, une dizaine d’influenceurs lançait le collectif #i4emploi en soutien à 32 employés d’une usine pharmaceutique de Corrèze menacée de fermeture. L’idée première était de faire jouer la force de frappe de Twitter, à travers les comptes (et donc les réseaux) de nombreux influenceurs, afin de trouver un repreneur. Par la suite, et devant le succès rencontré par l’opération, ce mouvement spontané a évolué.

Aujourd’hui, plusieurs centaines de personnes en recherche de postes ont ajouté le hashtag #i4emploiR (R pour recherche) à leur biographie Twitter. Celles-ci tweetent pour mettre en avant leurs compétences en prenant soin d’intégrer à leurs messages le fameux hashtag. Elles peuvent ensuite compter sur plus de 800 influenceurs (cumulant plus de 700 000 followers) pour relayer leur(s) demande(s) et diffuser leur profil auprès de leur réseau et de recruteurs. Vous avez dit « exponentiel » ? C’est l’idée.

  • Nous venons d’évoquer la genèse d’#i4emploi, comment s’est-il réellement lancé ?

Souvent les mouvements spontanés émergent quand plusieurs phénomènes se produisent : un évènement (les chiffres du chômage), une cause (des emplois menacés) et une urgence (une usine liquidée une semaine plus tard).

#i4emploi a été lancé le 26 septembre 2015, quelques jours après la publication de nouveaux chiffres catastrophiques du chômage, alors que tout le monde espérait, après l’été, qu’enfin la courbe du chômage allait s’inverser. Un élu de Corrèze m’a contacté par Twitter pour m’alerter de la situation dramatique qui se profilait dans une usine pharmaceutique et de dizaines d’emplois voués à disparaitre. Il m’avait identifié sur les réseaux sociaux car, depuis plusieurs mois, je mettais en avant des personnes en recherche d’emploi pour les aider et leur donner accès à mon réseau. Je publiais aussi régulièrement des tribunes sur la façon de retrouver un travail dans le monde numérique. Face à l’urgence de la situation, et au besoin d’agir collectivement, j’ai sollicité des amis dans un groupe de DM (Direct Message) Twitter. L’idée était de fédérer des « influenceurs pour l’emploi » (i for emploi) et d’essayer de faire suffisamment de bruit sur les réseaux et dans les médias pour qu’une solution soit trouvée. Le week-end des 26 et 27 septembre, le mouvement s’est très vite développé et de nombreuses personnes ont commencé à ajouter #i4Emploi dans leur biographie pour montrer leur soutien et mettre aussi à disposition leurs réseaux. Au bout d’un mois, après avoir obtenu un report de la décision définitive, des offres ont été déposées et le tribunal a pu décider d’une reprise de l’usine. Ce fut une belle conclusion et incroyable de constater le nombre de personnes qui se sont spontanément senties concernées et ont apporté leur aide ! Le 26 septembre était aussi la date anniversaire des 30 ans des restos du cœur, c’était probablement un signe. En France, nous pouvons tous nous mobiliser pour l’emploi et aider les personnes qui en ont besoin.

En octobre, en parallèle de la volonté de trouver des repreneurs à l’usine, le collectif a commencé à mettre en avant, sur Twitter, des talents qui étaient en recherche.

  • Quel est aujourd’hui le principal objectif du Collectif ?

Aider des personnes qui sont au chômage pour qu’elles retrouvent plus rapidement un travail. En leur offrant de la visibilité (nous avons appelé ce geste le « don de RT ») dans nos réseaux et en les rapprochant des recruteurs qui nous lisent. Certains d’entre nous les aident aussi à mieux mettre en valeur leurs compétences. Cette action est complémentaire de ce qui existe déjà et nous n’avons pas vocation à nous suppléer à ce qui est déjà fait, notamment par Pole Emploi.

Le collectif est composé de bénévoles qui sont des professionnels de tous les secteurs et qui se mobilisent en dehors de leur temps de travail, souvent le soir. Le collectif a décidé de se concentrer sur l’aide aux personnes en recherche de CDD ou de CDI car malheureusement nous n’avons pas de disponibilité pour faire plus (en particulier nous ne relayons pas les personnes en recherche de stage car le volume serait trop important). Nous nous inspirons de la légende du colibri et nous essayons avec des gouttes d’eau d’éteindre un peu l’incendie du chômage. Collectivement nous pouvons peut-être y arriver mais pour cela il faudrait que le réseau se développe encore plus.

#i4emploi

  • Selon vous, quelles sont les principales opportunités offertes par Twitter sur le front de l’emploi ?

Les réseaux sociaux apportent une visibilité vis-à-vis des recruteurs qui n’a jamais existé auparavant. Ils sont devenus des outils indispensables tant en termes de vitrine des compétences que d’accès à un réseau infini. Quel autre réseau offre la possibilité d’entrer aussi facilement en contact avec des recruteurs ou d’autres professionnels ? Même LinkedIn est beaucoup plus fermé. Les réseaux sociaux sont des outils supplémentaires qu’il faut utiliser à bon escient dans le cadre d’une recherche. Ils sont aussi une mine d’or pour trouver de l’information.

  • Et les principaux freins ?

Aucun ! Une communication professionnelle efficace passe aujourd’hui par une utilisation des réseaux sociaux. En fonction des secteurs, ils peuvent être plus ou moins efficaces mais globalement les personnes qui les utilisent en tirent plutôt profit en termes de visibilité et de relations avec les autres.

Avez-vous déjà connaissance de personnes ayant retrouvé un emploi grâce à #i4emploi ?

C’est assez compliqué de savoir le nombre exact car souvent ceux qui retrouvent ne nous tiennent pas informés. Il y en avait une quinzaine mi-décembre 2015. Nous sommes probablement très au-delà de 30 car le réseau n’a cessé de s’étendre depuis et nous sommes très sollicités.

— A découvrir : les résultats de l’étude Page Personnel sur Twitter & la recherche d’emploi :

[Infographie] Twitter, l’emploi et vous par Page Personnel

Biographie

Alban Jarry travaille dans le secteur l’assurance. Spécialiste des stratégies numériques, de marques et de l’influence, il publie des tribunes pour la Harvard Business Review, Les Echos, l’Argus de l’Assurance ou l’Agefi. Il est l’auteur de 3 livres blancs « Twitter conté par 50 personnalités de la banque finance assurance », « 735 utilisateurs aimantés par LinkedIn » et « 112 regards sur Twitter ». Régulièrement classé parmi les 100 comptes les plus influents de Twitter à Paris, Data Observer a écrit qu’ «Alban Jarry a été considéré à plusieurs reprises comme un des influenceurs majeurs du web français dans le cadre de différents classements. Plutôt actif dans le domaine de la bancassurance, il est néanmoins présent sur quasi tous les sujets qui touchent au numérique.»




Une réponse à #i4emploi : quand les Twittos s’engagent pour l’emploi

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