Parentalité au masculin : quel bilan en 2016 ?

Par , le 07/07/2016Imprimer cet article

parentalité La parentalité au masculin, un sujet qui reste tabou. Meteojob et Page Personnel se sont par conséquent penchés sur la question : quelle est aujourd’hui la perception des salariés par rapport aux mesures prises pour les pères dans les entreprises ?

  • Des clichés encore bien ancrés dans l’entreprise

Premier constat : 46,6% des personnes interrogées pensent que les entreprises considèrent que c’est avant tout à la femme de s’occuper des enfants. Ils sont d’ailleurs 40% à penser que l’entreprise affiche un discours de façade qui les encouragent à s’investir, mais la réalité est tout autre.

Vincent Poirel, Responsable Égalité des Chances et RSE de Page Personnel explique : « Il est essentiel d’intégrer la parentalité au sens large dans les stratégies RH des entreprises. Cela doit être fait de façon globale et concerner tous les salariés et pas uniquement les femmes. C’est en permettant à chacun(e) de trouver son équilibre, et en facilitant la prise en compte des besoins de chaque personne, que l’entreprise augmentera le taux d’engagement de ses équipes et donc leur efficacité. Il est donc important pour cela d’éviter d’associer « temps partiel volontaire » et « baisse de motivation » ou « désengagement ». Lorsque l’on travaille à temps partiel, la motivation et l’implication sont souvent plus élevées sur les périodes de présence. Important aussi de changer le regard, encore trop souvent négatif, porté sur les hommes qui prendraient un temps partiel. »

Certains parents bénéficient de dispositifs mis en place par les entreprises. Mais 31% des sondés déclarent néanmoins n’avoir bénéficié d’aucune de ces mesures.

  • La parentalité, un facteur de différenciation dans la recherche d’emploi

En cas de recherche d’emploi, 74% des pères déclarent qu’ils ne demanderaient pas, lors d’un entretien d’embauche, si des mesures spécifiques ou aménagements particuliers existent pour les parents au sein de l’entreprise. Pourtant, ils sont 54% à penser qu’une entreprise qui considère la place du père dans l’éducation de l’enfant est un critère qu’ils pourraient prendre en compte s’ils avaient le choix entre plusieurs entreprises.

« Ce chiffre est intéressant : les pères sont dans l’optique de trouver un emploi, avec ou sans les avantages. Les candidats ne prendront pas l’initiative de poser des questions sur les mesures mises en place par l’entreprise, si le recruteur n’en parle pas. Ils pensent que ce sujet peut être pénalisant pour leur candidature : c’est encore un sujet tabou », souligne Philippe Deljurie, co-fondateur de Meteojob.

les mesures à mettre en place

Que veulent les pères ? Quelles sont les mesures qu’ils auraient souhaité qu’on leur propose pour faciliter l’équilibre entre leur vie privée et professionnelle ? Hommes ou femmes, parents ou non, ils sont 67,2% à souhaiter un aménagement ponctuel des horaires en cas de problèmes familiaux. La possibilité de pouvoir partir plus tôt sans culpabilité et avec l’aval de sa direction est un luxe. 44,3% des sondés indiquent vouloir un aménagement des congés parentaux et de paternité et que cela n’ait pas un impact négatif sur leur évolution professionnelle.

  • La prise en compte du statut de père a un impact significatif sur la vie professionnelle

L’équilibre vie pro/vie perso est de plus en plus recherché par les salariés, en particulier pour les nouvelles générations. Or, dans ce contexte, les parents qui évaluent le plus positivement leur équilibre de vie sont ceux qui bénéficient de mesures spécifiques au sein de leur entreprise (6,3/10). Le chiffre est ramené à 5,1/10 quand les parents n’ont pas ou plus ces avantages. L’écart peut sembler minime mais l’impact est important : le salarié sera plus motivé et sera probablement plus enclin à rester à plus long terme. C’est un véritable facteur de différenciation pour les entreprises qui sauront mettre en place ces mesures qui restent peu coûteuses.

efficacité équilibre

« Nous sommes encore dans une société conservatrice, même si les mentalités évoluent. La récente médiatisation du fondateur de Facebook sur son congé paternité est un exemple qui illustre parfaitement l’organisation d’une entreprise. Son congé a été perçu comme une exception dans une société où le statut des pères arrive dans le débat public. La peur d’être mis de côté et de freiner sa carrière reste encore très présente chez les salariés. Pourtant, une entreprise qui place le bien-être de ses salariés dans ses priorités a plus de chances que ces derniers soient plus productifs. Les entreprises ont donc tout intérêt à s’y mettre » conclut Philippe Deljurie.

*enquête menée du 12 au 25 mai 2016, auprès d’un panel composé de 730 salariés (tous sexes confondus, avec ou sans enfant).




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