A qui profite la transformation du secteur associatif ?

Par , le 12/01/2017Imprimer cet article

non-profit-minLe secteur associatif connu comme un des piliers de l’économie sociale et solidaire est constitué de plus d’1,4 million d’associations en France. Il est largement perçu comme un univers où domine le bénévolat. Les associations représentent cependant à elles seules près d’un salarié du privé sur dix et ce chiffre devrait continuer d’augmenter. En effet, le secteur du non-profit a amorcé depuis quelques années une profonde mutation et se professionnalise en faisant appel à de nouvelles ressources clés.

Marie-Hélène Agard, en charge des recrutements Public &  Non-Profit chez Page Personnel, revient pour nous sur ce phénomène et son impact sur les perspectives de recrutement en 2017.

Quelles transformations pour ce secteur ?

Le monde associatif évolue et met un point d’honneur à se structurer et à consolider son fonctionnement au même titre qu’une entreprise. C’est pourquoi optimisation et efficacité sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des associations.

Elles entrent dans un processus de professionnalisation qui intervient à deux niveaux de l’organisation. Tout d’abord sa structure organisationnelle, de nombreuses associations revoient actuellement leur organisation interne afin d’optimiser leur fonctionnement et leurs ressources. Elles s’inspirent des stratégies des entreprises du secteur privé pour revoir leurs process et outils de gestion tout en gardant des valeurs de non-lucrativité et de partage. Néanmoins, dans un contexte social et institutionnel exigeant, cela ne suffit pas et les ressources humaines dont dispose l’association doivent elles aussi entamer cette transformation. Ces personnes sont amenées à maitriser de plus en plus de compétences spécifiques qui dépassent bien souvent les connaissances et la disponibilité des bénévoles. Les associations pour faire face à un besoin accru en compétences sont donc de plus en plus exigeantes en matière de recrutement et souhaitent professionnaliser leurs équipes en se tournant de façon plus systématique vers le salariat associatif.

Quelles sont les compétences recherchées par les associations ?

Près de 75% des recrutements concernent les fonctions supports. Ainsi, les compétences en comptabilité, ressources humaines ou encore assistanat sont très recherchées. Selon le panorama pro bono 2016, 84% des associations déclarent avoir besoin de compétences dont elles ne disposent pas en interne. Ces compétences concernent principalement les métiers de la communication, de la finance, des relations publiques et les fonctions stratégiques.

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Par ailleurs, les associations sont très attentives aux compétences techniques et aux profils digitaux et toujours à la recherche du fameux « savoir-être » qui sera en adéquation avec les valeurs portées par la structure. A noter que l’on assiste de plus en plus à la transversalité des parcours professionnels entre privé et  non-profit; le secteur attire en effet chaque année 5% de nouveaux salariés issus du secteur privé.

Quelles évolutions au niveau des métiers ?

Les profils à dimension plus stratégique déjà présents dans l’entreprise sont en outre amenés à évoluer en répercussion d’événements extérieurs (réformes, législations etc..).

Le poste de conseiller formation en est une illustration. Suite aux différentes réformes de la formation professionnelle (dont la loi du 5 mars 2014), le poste de Conseiller Formation a largement évolué. Auparavant centré sur des missions de conseil et d’accompagnement, son objectif est aujourd’hui davantage tourné vers le développement commercial et la fidélisation d’un portefeuille clients. La rémunération sur cette fonction est d’environ 25 000€ bruts annuels en début de carrière et atteint en moyenne 32 000€ après 3 ans d’expérience.

Face à la baisse des subventions publiques, les associations tentent de trouver de nouvelles sources de financement. Les départements de fundraising sont ainsi devenus stratégiques pour ces structures dans une optique d’optimisation des coûts. Pour les Chargés de fundraising, les salaires moyens sont de 25 000€ pour un jeune diplômé et 35 000€ avec 3 à 5 d’expérience.

Quel dynamisme pour l’emploi des jeunes dans le secteur associatif ?

L’économie sociale et solidaire est un marché dynamique qui attire les jeunes. Avec près de 2 millions de salariés, 170 000 employeurs et une pyramide des âges vieillissante, 25% des effectifs du secteur vont partir à la retraite d’ici 2020. Le secteur constitue un véritable vivier d’emplois pour les jeunes ! Paradoxalement, le secteur non-profit séduit et effraie les candidats. La réticence à intégrer le non-profit provient d’une représentation erronée du secteur souvent associé à un manque de professionnalisme ou évoquant une certaine insécurité de l’emploi. L’attirance tient en général aux thématiques portées et aux valeurs véhiculées. Aujourd’hui, 50% des étudiants des grandes écoles de commerces déclarent qu’ils souhaiteraient travailler dans l’ESS (les générations Y et Z font d’ailleurs passer la quête de sens avant la rémunération dans le choix de leur futur métier). Le secteur associatif semble donc avoir de beaux jours devant lui !

Pour en savoir plus sur le secteur, les métiers et rémunérations, consultez notre étude des rémunérations.

 




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