Par La Page de l'Emploi, le 15/12/2011![]()
En posant cette question dans un article publié par le New York Times Magazine, Adam Davidson se propose d’analyser les propositions des politiciens en lice pour les prochaines élections présidentielles américaines en matière de création d’emploi.
Au-delà des spécificités du marché de l’emploi aux Etats-Unis, passablement déprimé ces derniers temps malgré le léger mieux du mois de novembre, l’auteur pointe quelques vérités qui sont bonnes à rappeler et qui valent pour tous les pays. Il est clair pour lui que dans une économie quasi-léthargique, il est pratiquement impossible de créer des emplois, du moins dans les démocraties capitalistes. Pourquoi ? Simplement, parce qu’aucun dirigeant n’est rétribué pour recruter des gens qui ne seraient pas absolument indispensables. Les entreprises recrutent uniquement quand le personnel en place se révèle insuffisant (en nombre et/ou en qualification) pour répondre à la demande du marché. Or en période de récession, cette demande est au mieux stable.
Les politiques publiques dans l’impasse
Aux Etats-Unis, la plupart des politiques publiques en faveur de l’emploi, estime Davidson, reposent sur des avantages fiscaux ou des subventions visant à inciter les entreprises à s’installer dans tel état plutôt que dans tel autre. Résultat, les états les plus « business-friendly », comme le Texas, raflent les emplois au détriment des autres. Autrement dit, cela ne résout pas du tout le problème du manque global d’emplois : cela ne fait que le déplacer et creuser les écarts. En l’occurrence, là où le Texas estime avoir créé un million d’emploi, le reste du pays en a en fait perdu plus de 2 millions.
L’autre tendance des politiques est de mettre l’accent sur le potentiel de création d’emploi que quelques secteurs phares, par exemple l’industrie pétrolière ou l’économie numérique. Le potentiel est réel mais totalement dérisoire face à l’ampleur du chômage et du sous-emploi (25 millions de personnes aux États-Unis). Reste bien la solution keynésienne des emplois créés par le gouvernement en vue de relancer l’économie. Mais, outre les oppositions viscérales à ce type de politiques,  où trouver de quoi financer ces emplois publics dans des pays dont la dette publique est devenue himalayenne ?
Faire le contraire, réduire l’emploi public pour réduire les dépenses et résorber les déficits, n’est pas non plus une solution : dans le cadre de son plan d’austérité, le gouvernement britannique a supprimé 500 000 emplois publics au motif que le secteur privé était tout aussi apte à rendre ces services et ne manquerait pas d’embaucher les fonctionnaires et assimilés remerciés. Cela ne s’est pas produit : le privé n’a pas créé d’emplois pour ces personnes, faute d’une croissance suffisante…
Aide-toi toi-même…
Adam Davidson souligne qu’une économie est vraiment en bonne santé quand sa population sait comment faire et fait effectivement des choses pour lesquelles d’autres personnes sont prêtes à les payer décemment. Ce qui signifie que l’emploi n’est pas la cause d’une économie florissante mais une conséquence. Son conseil est donc de profiter de ces temps moroses pour apprendre à faire des choses que les autres vous achèteront ou pour lesquelles ils vous paieront : de la menuiserie à l’ingénierie aérospatiale, en passant par les métiers de la santé… le choix est large ! En outre, si le marché des talents est devenu mondial, certains emplois seront toujours locaux et il faut arrêter de négliger les possibilités qu’ils offrent. Son deuxième conseil est, malgré ce qui précède, d’être géographiquement mobile, d’aller là où il y a du travail et où personne n’a spontanément très envie d’aller.
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