Réseaux sociaux privés : échappatoires du salarié moderne ?

Par , le 18/10/2012Imprimer cet article

Un milliard d’utilisateurs sur Facebook dans le monde. Plus de 5 millions sur Twitter rien qu’en France, presque autant sur LinkedIn et Viadeo. Des applications mobiles gratuites qui permettent de rester connecté H-24 avec tout son réseau. Quand les réseaux sociaux personnels s’invitent au bureau, c’est la vie du bureau qui s’expose sur les réseaux privés.

Vous l’avez probablement déjà fait… Partager une photo de la dernière tenue fantasque d’un(e) collègue, du distributeur en panne, de votre boss adoré(e), des 25 gobelets à café entassés sur votre bureau, de LA plante verte qui se meurt à côté du radiateur à fond… La liste est longue. Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ?

D’où nous vient ce besoin de communiquer avec nos proches même depuis notre lieu de travail ? Est-ce que cela entraîne une baisse de productivité ou au contraire, lorsque cela reste modéré, est-ce que cela agit comme un boost à la performance ?

Si de nombreuses entreprises (72% en France) bloquent l’accès aux réseaux sociaux, personne ne peut empêcher un salarié de « s’évader » grâce à son smart phone sur son temps de pause. Téléphone en main, on peut alors aisément partager des contenus en publiant directement sur son compte Facebook ou Twitter « la » photo qui va bien ou le commentaire du jour entendu dans les locaux (cherchez bien, il y en a toujours). Car qui vous comprend mieux que vos amis ?

Les réactions des « amis » sont attendues et font en général sourire. Les réponses aux photos ou statuts postés détendent, et puis, comment faire mieux comprendre à ses proches ce que l’on fait, où l’on évolue, qu’en partageant ainsi son univers ? Car aujourd’hui, tout se partage. Même l’univers professionnel jusqu’ici fermé, cloisonné. Chacun peut alors se représenter la réalité quotidienne de ses proches (et parfois mieux comprendre leur bonheur ou leur détresse). Du bureau un peu glauque de l’un à l’environnement de travail high-tech de l’autre, il s’établit même parfois une sorte de compétition. De quoi susciter envie ou répulsion (vous avez dit Marque Employeur ?), mais également bien souvent de quoi tourner une situation difficile ou stressante en dérision et ainsi la dédramatiser. Pour libérer la pression. Ou juste pour le plaisir.

A l’heure où le bien-être au travail apparaît comme une priorité des entreprises, peut-on penser que les réseaux sociaux participent ainsi à « apaiser » certains salariés ?

Selon l’étude internationale de KPMG, le blocage de l’accès aux réseaux sociaux provoque la frustration des salariés, particulièrement lorsque ceux-ci sont issus de la Génération Y et que les réseaux sociaux sont utilisés dans l’entreprise à des fins marketing. Seuls 66% des salariés respectent d’ailleurs ce type d’interdictions, le tiers restant s’appliquant à contourner les protocoles de sécurité, introduisant ainsi un risque accru pour la sécurité informatique. L’étude démontre également que l’accès aux réseaux sociaux a des conséquences positives sur la motivation du salarié et son engagement au sein de l’entreprise. Le niveau de satisfaction au travail est d’ailleurs plus élevé dans les entreprises qui autorisent l’accès aux réseaux sociaux (63 %), qu’au sein des entreprises qui en restreignent l’accès (41 %). Par conséquent, 61,6 % des entreprises interrogées ont mis en place une politique de sécurité visant à régir et assouplir l’utilisation des réseaux sociaux au travail. Un début ?

Sources : étude internationale de KPMG sur l’usage des réseaux sociaux en entreprise, article d’IT Espresso

 




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